
Un quinquagénaire se tourne sur son passé, lorsque, 10 ans plus tôt, une rencontre adultérine bouleverse sa vie et sa vision de la vie, de façon radicale. Une introspection du cœur et de l’âme au masculin dans un questionnement face à l’éternel féminin et sur les cycles.
LES TENEBRES DE L'ANGE (TRANSFORMATIONS TOME 1)
C’est l’histoire d’une rencontre, une rencontre des plus banales, celle d’une jeune femme et d’un homme plus mûr. Une rencontre adultère qui vient bousculer sa vie à lui et, surtout, qui remet en cause une linéarité qu’il pensait acquise. Une rencontre si bouleversante que sa fin brutale le conduit à une dépression sévère.
Pour se relever, il lui faudra se questionner sur le sens des croisements irrésistibles et fortuits, sur l’engagement et l’existence d’éventuelles reconnaissances d’âme, sur une synchronicité qu’il ne peut plus ignorer.
Dès lors, pourra commencera la reconstruction qui lui ouvrira les portes d’une mémoire antérieure.
Quelles lignes ou destinées président aux rencontres amoureuses ?
Deux personnes, que tout oppose – continent, âge et situation – succombent à une attraction irrépressible et aspirante. Chacune d’elles découvre alors, à l’aune de ce qu’elle est et des valeurs auxquelles elle tient, la passion et ses affres. Cette plongée dans l’intense et l’interdit les conduira jusqu’à l’aliénation avant d’atteindre la délivrance lorsque les deux protagonistes comprendront le principe de causalité. Enchainement et libération.
Christian : « nez » créateur de parfum. Quinquagénaire ayant plongé dans la crise de la quarantaine, à corps perdu, et retrouvé, avec une jeune maîtresse. Hypersensible qui explore et livre toutes ses émotions et souffrances. On ne le voit que l’intérieur.
Rachel : jeune maîtresse américaine de Christian, étudiante à Paris, littéraire intellectuelle énigmatique, illisible, presque autiste, que l’on observe et essaye de déchiffrer de l’extérieur par le regard de son amant.
Cristale : épouse de Christian, maïeuticienne terrienne ayant canalisé son époux éthéré et passionné. La femme de toute une vie.
Hugo : ami de toujours, double épicurien de Christian.
Les enfants de Cristale et Christian, l’ancrage, l’essentiel, pourtant seulement évoqués.
La place de la femme et de l’homme aujourd’hui, dans leur positionnement et leur rapport à l’amour, la redéfinition des rôles de chaque sexe, les enjeux de pouvoir dans le couple.
L’adultère, souvent décrié, souvent source de souffrance pour celui qui est quitté. Le roman montre à quel point cet acte condamnable peut être intentionnel et inévitable, et de quelle manière il ne détruit pas que la « victime ». Il ne s’agit pas de réhabiliter l’adultère, mais de montrer qu’il n’est pas toujours machiavélique, volontaire et irrespectueux et malveillant.
La passion amoureuse et la trahison, thèmes universels s’il en est.
Quel est le point de départ narratif de votre roman, et pourquoi ?
Le point de départ des Ténèbres de l’ange est une rencontre amoureuse bouleversante qui conduira le personnage central à se questionner sur le sens de sa vie et sur le sens des rencontres, fortuites ou synchronistiques. Comment des liens extrêmement puissants peuvent-ils se créer si rapidement entre deux êtres ? Ont-ils le choix ? Qu’est la femme pour l’homme ?
Selon vous, quel est le cœur de votre roman ?
Peut-on se reconnaître, de vie en vie ? L’amour est-il plus fort que la mort ? Toutes nos rencontres nous renvoient à nous-mêmes et nous questionnent sur le sens de la vie. Ce roman est le point de départ d’une tétralogie qui remonte dans le temps, quatre époques différentes où se croisent les mêmes personnages, dans leurs précédentes incarnations.
Quelle est la teneur de votre héros (héroïne) et pourquoi ?
Christian, mon héros, est un être réflexif, sensitif, éternel amoureux du féminin et de l’anima. Narcissique dépendant affectif, mais révélateur de l’autre.
Dans quelle mesure votre texte entre-t-il dans la ligne éditoriale engagée conduite par les Éditions Red’Active ?
Les questions philosophiques que soulève ce roman entrent dans l’engagement de Red’Active qui, au travers de l’art et du plaisir, incite le lecteur à réfléchir par lui-même, à sortir de la pensée consensuelle, du prêt-à-penser et du confinement intellectuel. La réalité n’est pas un formatage, mais un regard qui va de l’intérieur vers l’extérieur et vice-versa. La lecture ouvre ces yeux-là.
Quelle est l’émotion dominante que vous aimeriez laisser chez le lecteur ?
La beauté de l’évidence et de l’action du cœur.
–… Tu veux que je passe maintenant ?
– Oôh, oui !
Christian longe les grilles des immeubles cossus, prestement, dans un mouvement volontaire et silencieux. Il y a quelque chose de furtif dans son déplacement. Pas d’éclat. Pas de bruit. Pas envie d’être vu ou reconnu, de croiser une figure ordinaire de son quartier. Personne ne doit savoir ! Personne pour tout réduire à de simples clichés, pour banaliser une histoire inaccessible, l’histoire la plus ancienne de l’humanité. C’est là le propre des abstinents, des pauvres de la chair et de l’esprit de s’indigner, de s’intéresser au sentimental extraconjugal, à ce monde qui dépasse leurs frontières maritales, leur enfermement. Mais là, quel terrible jugement, quel cruel équarrissage, monumental laminoir ! Tout devient une sordide histoire de fesses, vaudeville grotesque et graveleux qui se propage, contagieux et transmissible à l’instar des infections de ces régions. Fi de la passion, des tendres raisons, des secrètes émotions, des liaisons de flammes, des déchirements, tiraillements du cœur, peurs et terreurs, pleurs et douleurs ! Le qu’en-dira-t-on s’empare de l’intimité. Le jugement est tranchant : coupables, ils sont coupables et doivent être décollés ! Que la lame les fauche les tenants de la débauche, les libidineux, érotomanes, jouisseurs égarés, adultes errants ! Les amants au pilori de la honte publique et du commérage, le sexe sectionné ! Qu’ils soient bannis ! Et pourtant subsiste une informulable pensée, une lésion de l’âme, une langueur qui se meurt dans un soupir échappé : le regret de n’avoir jamais été l’un d’eux.
Il lui apporte un petit bouquet de fleurs blanches au parfum discret, en harmonie avec les proportions de sa chambre étroite, pour remplacer les senteurs du muguet qu’il lui avait déjà offert les premiers jours.
Elle l’accueille dans la chaleur de son corps dévêtu, d’une étreinte impromptue.
– Tu étais encore couchée ?
– Je t’attendais…
Le cadeau est apprécié, sans autre cérémonie, dans l’attente d’un autre présent. Elle prend les fleurs qu’elle plonge prestement dans un verre, avant de replonger dans son cocon douillet, le visage éclairé d’un sourire joyeux. L’invite est univoque. Il la rejoint sous les draps où elle vient se blottir contre lui.
Ici, chacun oublie ses inquiétudes, chacun ressent la plénitude. Rachel est heureuse. Ici, tout est tranquille maintenant.
*
Le présent est resplendissant. Christian s’immerge dans cet intervalle de temps, celui d’un état de grâce extraordinaire et insouciant. Son esprit est absent d’autres dénouements, d’inéluctables tourments. Pas de regret ni de remord, pas plus que de contrition ou d’attrition. Cet espace est béni, une providence. Une telle grâce ignore les conséquences, les futures perturbations, la dissolution des repères, l’arrachement imminent. Le bonheur, c’est maintenant !





